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C’est la première question que l’on nous pose, et c’est aussi celle qui reçoit le plus de réponses fausses. « À partir de 5 000 AED », « licence à 12 000 dirhams tout compris » : ces chiffres sont souvent exacts, mais ils ne désignent qu’un seul poste — la licence — alors qu’une société opérationnelle en compte cinq. Le problème n’est pas le prix affiché, c’est ce qu’il laisse de côté.

Cet article détaille ce que vous payez réellement, dans quel ordre, et pourquoi deux devis pour « la même chose » peuvent différer du simple au triple. Les montants sont ceux de notre grille tarifaire 2026, en dirhams des Émirats (AED). Pour convertir, comptez environ 4 AED pour 1 euro.

Le piège du prix affiché

Un prix « à partir de » est exact et trompeur à la fois. Il correspond à une configuration précise : société sans visa, une seule activité, adresse la plus simple. Dès que vous ajoutez un visa — c’est-à-dire dès que vous voulez vivre à Dubaï — la structure du budget change.

Le réflexe utile est donc de ne jamais comparer des licences entre elles, mais des budgets complets : licence, adresse, immigration, visa, et frais de première année. C’est le seul niveau où la comparaison veut dire quelque chose.

Les cinq postes qui composent le coût réel

1. La licence commerciale

C’est le poste que tout le monde annonce. Il couvre l’enregistrement de la société, le nom commercial, le certificat d’incorporation, les statuts et l’autorisation d’exercer une ou plusieurs activités.

Son prix varie selon deux choses : la juridiction choisie, et le nombre d’activités inscrites sur la licence. Une licence de conseil à activité unique coûte moins qu’une licence commerciale couvrant l’import-export, le e-commerce et le conseil. Beaucoup de devis bon marché le sont parce qu’ils n’incluent qu’une activité.

2. L’adresse et le poste de travail

Une société aux Émirats doit avoir une adresse enregistrée. En Free Zone, la formule d’entrée est le flexi desk : un poste de travail partagé, suffisant pour l’immatriculation et pour l’ouverture de compte bancaire dans la plupart des cas.

Ce poste est presque toujours inclus dans les packages d’entrée. Il devient un coût distinct lorsque vous avez besoin d’un bureau réel — soit parce que votre activité l’exige, soit parce que vous dépassez le quota de visas attaché au flexi desk.

3. L’establishment card

C’est la carte qui rattache votre société aux services d’immigration et vous autorise à parrainer des visas. Sans elle, la société existe mais ne peut sponsoriser personne. Elle se renouvelle chaque année, indépendamment de la licence.

C’est le poste le plus souvent absent des devis d’appel. Une société « à 5 000 AED » qui ne peut parrainer aucun visa ne répond pas au besoin de quelqu’un qui veut s’installer.

4. Les visas de résidence

Chaque visa se paie séparément, et le tarif dépend de sa nature. Le visa Investor / Partner est celui de l’actionnaire : c’est le vôtre. Le visa de travail concerne un salarié que vous embauchez. Le visa de famille couvre le conjoint et les enfants, une fois votre propre visa obtenu.

Le visa comprend le dossier d’immigration, le test médical, l’Emirates ID et l’apposition du visa. Il est valable deux ans et se renouvelle. Le détail des conditions figure sur notre page visa de résidence à Dubaï.

5. Les frais de première année

Ce sont ceux dont personne ne parle avant la signature : ouverture de compte bancaire, éventuelle attestation de documents, enregistrement au Corporate Tax, et mise en place de la comptabilité. Ils ne sont pas énormes pris un par un, mais ils existent et ils tombent tous la même année.

Les tarifs 2026, par juridiction

Voici les montants d’entrée, société sans visa, pour les six juridictions que nous traitons le plus. Ce sont des tarifs de première année. La licence se renouvelle ensuite chaque année, au tarif de renouvellement propre à chaque zone.

Juridiction Localisation À partir de
SPC Sharjah Publishing City 5 000 AED 🏆
RAKEZ Ras Al Khaimah 6 000 AED
Meydan Free Zone Nad Al Sheba, Dubaï 12 500 AED
IFZA Dubai Silicon Oasis 14 900 AED
DMCC JLT, Dubaï 31 000 AED
Mainland LLC Dubaï 24 900 AED

L’écart entre 5 000 et 31 000 AED n’est pas une différence de qualité de service, mais de nature juridique. Nous y revenons plus bas.

Côté visas, les tarifs sont indépendants de la juridiction :

Type de visa Pour qui À partir de
Investor / Partner L’actionnaire — vous 9 500 AED
Visa de travail Un salarié de la société 7 500 AED
Visa de famille Conjoint, enfants 2 500 AED

Pour parrainer votre famille, vous devez justifier d’un salaire minimum de 4 000 AED par mois sur votre attestation de salaire.

Trois budgets complets, calculés de bout en bout

Les chiffres isolés ne servent à rien. Voici trois situations réelles, avec le total de la première année.

Le consultant seul, budget serré

Une personne, une activité de conseil, un visa pour elle-même, pas de famille à parrainer. RAKEZ est la juridiction la plus économique dès qu’un visa entre dans l’équation, parce que son package groupé revient moins cher que la licence et le visa achetés séparément.

  • Package RAKEZ, société avec un visa de résidence, frais de visa inclus : 12 000 AED
  • Total première année : environ 12 000 AED, soit à peu près 3 000 €

Le fondateur qui s’installe avec sa famille

Même profil, mais avec conjoint et deux enfants. Meydan est souvent choisie ici pour son adresse dubaïote et sa bonne acceptation bancaire.

  • Licence Meydan, société sans visa : 12 500 AED
  • Visa Investor : 9 500 AED
  • Trois visas de famille : 7 500 AED
  • Total première année : environ 29 500 AED, soit à peu près 7 400 €

La société qui embauche

Un fondateur, deux salariés recrutés dès la première année. IFZA autorise jusqu’à trois visas sur sa formule d’entrée.

  • Licence IFZA, société sans visa : 14 900 AED
  • Visa Investor : 9 500 AED
  • Deux visas de travail : 15 000 AED
  • Total première année : environ 39 400 AED, soit à peu près 9 850 €

Ces totaux couvrent la création et l’immigration. Ils n’incluent ni la comptabilité, ni le loyer d’un bureau réel, ni les frais bancaires — voir la section suivante.

Ce que les devis oublient systématiquement

Le renouvellement annuel

La licence n’est pas un achat, c’est un abonnement. Chaque année, vous repayez la licence, l’establishment card et le flexi desk. Et c’est là que beaucoup se trompent : le renouvellement est souvent plus cher que la première année. Plusieurs Free Zones, dont IFZA, accordent une offre de lancement qui n’est pas reconduite en année 2 — le tarif affiché à l’entrée n’est donc pas le tarif que vous paierez ensuite. Demandez le montant de renouvellement avant de signer : un budget qui ne raisonne que sur l’année 1 est un budget faux.

La comptabilité et le Corporate Tax

Depuis juin 2023, les Émirats appliquent un impôt sur les sociétés de 9 % au-delà de 375 000 AED de bénéfice net. En dessous, le taux est de 0 %. Une société en Free Zone peut viser le statut de Qualifying Free Zone Person et rester à 0 % sur ses revenus qualifiants, mais ce statut se mérite et se documente — nous l’avons détaillé dans notre guide du Corporate Tax UAE.

Conséquence budgétaire : toute société doit désormais tenir une comptabilité, s’enregistrer au Corporate Tax et déposer une déclaration annuelle. Ce n’est plus optionnel. Nos formules figurent sur la page comptabilité à Dubaï.

La TVA

La TVA émirienne est de 5 %. L’enregistrement devient obligatoire au-delà de 375 000 AED de chiffre d’affaires taxable sur douze mois, et possible volontairement à partir de 187 500 AED. Ce n’est pas un coût en soi, mais c’est une obligation déclarative de plus.

Le compte bancaire

L’ouverture d’un compte professionnel prend du temps et suppose un dossier solide. Certaines banques exigent un solde minimum à maintenir. C’est rarement un poste de dépense direct, mais c’est souvent le point de friction du projet — nous en parlons sur la page compte bancaire à Dubaï.

Pourquoi le Mainland coûte quatre fois plus cher

24 900 AED contre 6 000 : l’écart surprend, jusqu’à ce qu’on regarde ce qu’on achète.

Une société Free Zone est enregistrée dans une zone franche. Elle facture librement à l’international et aux autres Free Zones, mais son accès au marché intérieur émirien est encadré. Son adresse peut être un flexi desk.

Une société Mainland est enregistrée auprès du Département du développement économique de l’émirat. Elle facture sans restriction sur le marché local, peut répondre aux appels d’offres publics et ouvrir des points de vente. En contrepartie, elle exige un bail de bureau physique enregistré (EJARI), ce qui explique l’essentiel de l’écart.

Autrement dit : vous ne payez pas plus cher la même chose, vous payez un accès au marché local. Si votre clientèle est européenne ou internationale, la Free Zone suffit. Si elle est émirienne, le Mainland n’est pas une option mais une nécessité. Le sujet est traité en détail sur notre page société Mainland LLC à Dubaï.

Comment lire un devis sans se faire piéger

Quatre questions suffisent à comparer deux propositions honnêtement :

  • Combien d’activités la licence couvre-t-elle ? Une seule, ou plusieurs ?
  • L’establishment card est-elle incluse ? Sans elle, aucun visa n’est possible.
  • Combien de visas la formule autorise-t-elle, et à quel prix unitaire au-delà ?
  • Quel est le tarif de renouvellement en année 2 ? Un prix d’appel bas peut cacher un renouvellement élevé.

Si un devis ne répond pas clairement à ces quatre points, il n’est pas comparable — quel que soit le chiffre en gros caractères.

Questions fréquentes

Peut-on créer une société à Dubaï sans prendre de visa ?

Oui. C’est même la formule d’entrée de toutes les Free Zones. Vous obtenez une société immatriculée, une licence et une adresse, sans droit de résidence. C’est pertinent si vous voulez uniquement une structure de facturation et que vous résidez ailleurs. Attention toutefois : sans résidence effective aux Émirats, la question de votre résidence fiscale reste entière.

Faut-il un capital social à déposer ?

Non, pas de capital à libérer en banque dans les Free Zones que nous traitons. Un capital nominal est mentionné dans les statuts, mais il n’a pas à être bloqué. C’est l’une des différences notables avec le Mainland, où certaines structures peuvent en exiger un.

En combien de temps la société est-elle opérationnelle ?

La licence elle-même est rapide : 24 à 72 heures selon la Free Zone. Le délai réel est celui du visa et du compte bancaire, qui se comptent en semaines. Comptez un mois pour être pleinement opérationnel dans un cas simple.

Le tarif change-t-il si je ne viens pas à Dubaï ?

La licence peut s’obtenir à distance. En revanche, le visa exige votre présence physique aux Émirats pour le test médical et la biométrie de l’Emirates ID. Il faut donc prévoir au moins un déplacement.

Que se passe-t-il si je ne renouvelle pas ?

La licence expire et la société tombe en irrégularité, avec des pénalités qui courent. Les visas rattachés sont annulés. Si vous cessez l’activité, il faut procéder à une liquidation en bonne et due forme, pas simplement laisser expirer.

En résumé

Un budget honnête de création de société à Dubaï se situe entre 12 000 et 40 000 AED la première année selon votre configuration, visa compris — soit environ 3 000 à 10 000 €. Les annonces sous 10 000 AED désignent une licence nue, sans visa et souvent sans establishment card.

Le bon réflexe n’est pas de chercher le prix le plus bas, mais de vérifier que le devis couvre les cinq postes. C’est la seule façon de comparer ce qui est comparable.

Vous voulez le chiffre exact pour votre situation ? Écrivez-nous : nous établissons un devis complet, renouvellement inclus, sans engagement. Et si vous hésitez encore entre juridictions, notre comparatif IFZA vs Meydan vs RAKEZ reprend les huit critères qui comptent.